Débat d’orientation budgétaire, Ville du Mans (D.O.B.) 30/11/2017

Ouest-France a titré sur le « consensus » et le Maine-Libre sur la « vigilance ».

-Le Maire a ouvert le Conseil par un hommage à Henry Lelièvre – élu à la Culture de 1977 à 1995-

Consensus avant tout !

Droite et majorité se sont bien entendues, hier soir,  sur un bilan  flatteur que la ville  est bien gérée … En bon père de famille !   Mais quel décalage entre la réalité vécue par la population et le débat feutré entretenu dans ce conseil ! C’est vrai aussi que le Maire n’a pu empêcher  la politique nationale de s’inviter. Simplement parce que c’était inévitable tant les dernières mesures imposées par son maître Macron noircissent grandement le tableau ! Le Maire a pris les devants en se félicitant du maintien de la Dotation : Je me félicite du changement ! Et il sera assez manœuvrier pour  dire le contraire un peu plus tard  pour L’APL.  Mais en gros « tout va bien ». Tellement bien que l’épargne brute à la ville est passée de 6 M. en 2014  à 9 M en 2017 et que la ville se désendette. Oui !  Le résultat : ce sont les emplois et les  nouveaux investissements qui sont sacrifiés !

Ainsi la droite ferait pareil à quelques nuances près. C’est plus qu’une alerte ! Le Maire avait posé les limites du débat, et très sagement il y a eu peu de réactivité des élus. Certes, pour l’association des élu.e.s communistes et républicains il y a de quoi être inquiets à propos de la réforme de la fiscalité et des attaques contre  l’APL  (au passage, silence général sur les  expulsions locatives- 18 cette année à l’OPHLM-)). Mais comment comprendre alors que puisse être affirmé  cette contradiction : la qualité des services publics a été  maintenue, malgré  les contraintes ? Là on entre dans le rêve ! La réalité est malheureusement plus cruelle. Les proclamations de « vigilance  » n’y changeront rien ! Quant au stade MMA, tout est paisible ( et les 2,2 M. que les contribuables doivent payer annuellement pour l’aléa sportif ?)

C’est par ELLV qu’on a entendu que les économies de 1 M. d’€ par an avait déjà fait perdre 80 emplois utiles au maintien des services publics. Et l’an prochain ce sera encore le rabot de 1 million d’€. On a aussi entendu R. Batiot dénoncer cette politique  absurde, dévastatrice pour le commerce en centre ville, incompatible avec le choix de grandes zones commerciales en périphérie. (comme à Béner).

Pour la culture,  une seule proposition – venue de la droite- : réactiver le développement du Conservatoire et créer un centre de musique !

Santé, écoles, développement de la précarité, avenir de la culture… devoir d’alerte !

Les échanges se sont poursuivis pendant plus de 2 heures et étrangement  silencieux sur des dossiers très sensibles dans certains grands quartiers (Quartiers Sud et Bellevue).

Rien sur ce qui apparaît de plus en plus clairement comme un développement accéléré de la précarité, de la pauvreté dans certains quartiers et cela en cohérence avec les diminutions de crédits pour la ville. La presse locale ces dernières semaines a pourtant mis en évidence des risques préoccupants dans certains secteurs. On aurait aimé en savoir plus :

Couverture médicale : Le retard pour la mise en place du Centre de santé devient préoccupant. Pas d’information sur le projet  de Vauguyon  (Selon une praticienne de ce quartier de 28 dans les années 80 on est passé à 14 médecins aujourd’hui. Avec 65 % des patients relevant de la CMU.)

Rien sur l’évolution du temps scolaire et les perspectives, semble-t-il, du retour à la semaine de 4 jours. S’agissant de la carte scolaire,  des perspectives d’évolution dans certains quartiers. On aurait aimé être informés de nouvelles difficultés, par exemple, s’agissant du maintien ou non du Collège du Ronceray.  Il ne s’agit pas que de murs, mais d’une vie sociale et des solidarités à reconstruire. Là encore.

Rien sur l’augmentation des tarifs d’accès à certains équipements, notamment les transports publics, avec le rejet de principe de toute mesure  de gratuité pour les scolaires. Ce n’est pas noircir le tableau, c’est regarder les réalités de l’exclusion en face ! On dirait que la nouvelle phobie des élus, c’est de traquer les espaces et le principe de gratuité encore possible.

Regarder aussi les campagnes de culpabilisations généralisées donnant prétextes à des amendes disproportionnées – notamment  pour le stationnement.

Pour terminer sur une note festive : la Maire s’est félicité du bel accueil que propose le marché de Noël. Oui ! Il a omis de dire qu’il était désormais sous-traité que les tarifs de location avaient augmenté de 35 % … Alors merci pour l’attractivité par les prix !

Ce contenu a été publié dans Actualité locale, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.