Conseil communautaire Le Mans Métropole du jeudi 14 décembre 2017

La règle du consensus !

Le Président, J.C.Boulard  recourt à sa méthode bien rodée  du consensus et à une vision qu’il aime appeler  « prudentielle ». Donc, pas de vagues, mais du vocabulaire choisi ! Il désigne comme une « décélération » la tendance à limiter les investissements  et quand il évoque les « ajustements », c’est pour signifier les augmentations de tarifs tous azimuts – sans doute pour les rendre indolores !

Voilà pour le discours et l’annonce feutrée que l’augmentation des impôts sera moins de 1%. Décision définitive en janvier.

La formule clé est tout entière dans ce bilan : « On a réduit la dépense tout en gardant la qualité des services rendus ». St Thomas doit en sourire. De deux choses l’une : ou avant c’était la gabegie, ou on est dans un miracle !  Non, pas de miracle en vue : les emplois des collectivités diminuent, moins de personnels pour assumer plus. Des élu.e.s ELLV  en particulier tirent à nouveau les signaux d’alerte. A droite c’est la demande réitérée de l’augmentation du temps de travail des agents territoriaux. Mais répond J-C Boulard, « tant qu’on n’a pas de remarques de la cour des comptes régionale, on ne bouge pas. Tant que !…

Les choix nationaux du Président Macron et leurs déclinaisons.

« Le mécanisme de dégrèvement de la Taxe d’Habitation ça m’inquiète un peu ; nous vérifierons que les discours sont en cohérence avec les actes… ». En attendant c’est plutôt cool pour Macron…

Gilles Leproust, maire d’Allonnes ne laisse pas passer. Il pointe l’élargissement des solidarités et les projets communs, mais aussi le contexte général qui n’est pas souriant du tout. Il rappelle la fonte des dotations par le précédent gouvernement et « ce qui est annoncé, dans les 5 ans, c’est moins 13 Milliards pour les collectivités ; ça pèse quand on veut apporter des réponses satisfaisantes en termes de services à la population… » . Il rappelle les propositions de l’AMF dont il est partie prenante. Il exprime de vives préoccupations sur le caractère léonin de la réforme de la fiscalité, sur l’avenir du logement social, la suppression de 120 000 emplois aidés, la politique de la ville (pour Allonnes – 80 000 € !). Gilles Leproust résume ainsi la situation : « La politique nationale nous handicape… »

Quels nouveaux services, quels investissements pour la Métropole mancelle ?

On ne peut pas tout relever dans le détail. Mais il sera intéressant de revenir sur la question de l’eau, de l’harmonisation de son coût. (Tout le monde n’est pas gagnant !)

Il semble que la question de nouveaux investissements embarrasse bon nombre d’élu.e.s. Les formulations sont prudentes pour demander par exemple, un avancement plus rapide et la finalisation du boulevard nature. R.Batiot pense qu’il n’y a pas manque de grands projets quand il évoque la requalification de la Rue des Minimes.

Il est question des pistes cyclables, du développement de nouvelles technologies avec l’Université du Maine, d’indicateurs optimistes pour l’immobilier, (J.C Boulard est confiant : « l’avenir c’est la création de richesses… »). Pour le logement social, et la réforme de l’APL il se félicite de la signature au Sénat d’un amendement – (Une seule fédération de logement social et c’est regrettable a directement signé un compromis avec le gouvernement).

Autres dossiers : le développement durable, les circuits courts …

La nouvelle délégation de service public à la SETRAM. (pour 7 ans)

Dossier attendu qui méritera un examen plus précis ! Alors prenons quelques éléments : l’offre SETRAM est réputée apporter des améliorations techniques et financières.

Sur le plan technique l’offre sera rééquilibrée en ce qui concerne les lignes de tramway (fréquences pour la ligne 1 prévues toutes les 5 minutes et 7 ou plus pour la ligne 2)

Également prévu une augmentation notable de l’offre de location de vélos  à assistance électrique.

Sur le plan financier des chiffres nous laissent rêveurs !  La charge annuelle nette pour la collectivité s’établira à 32 246 030 € jusqu’en 2024 – fin du contrat, alors qu’elle a été de  33 505 550 en 2016, soit pour la collectivité une baisse annuelle de 1, 259 € M ! oui, 1 million 259 !

Suivez notre regard et notre proposition : avec cette somme il était possible de proposer la gratuité du transport aux scolaires (voir notre programme pour les Municipales de 2014).

Y aurait-il cependant une lueur d’espoir sur la question de gratuités ciblées ? J.F Soulard déclarant soudain – après des déclarations publiques contre la gratuité, qu’elle ne serait pas mal  pour les premiers m3 d’eau et ce petit coup de pouce : la gratuité des transports publics passant des moins de 3 ans aux moins de 5 ans ! Encore un  effort !

Nous reviendrons sur cette intention : du point de vue commercial les recettes usagers augmenteront de 2 % entre 2017 et 2024 : nous nous éloignons d’une politique incitative pour un accès aux transports publics le plus favorable à l’environnement et au porte-monnaie des citoyen.n.e.s. !

Les débats sont ouverts ! A suivre ! 

Au Mans, le 15/12/2017, H.HERIN.

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