Féminisme du XXIème siècle : une question politique de toute première urgence !

Nous n’occultons rien des victoires du passé qui ont permis des avancées pour l’égalité des droits des femmes dans tous les domaines de la vie sociale, économique, culturelle, politique…

L’émancipation ne se gagne pas contre les droits des hommes, elle se conquiert aussi nécessairement par les femmes elles-mêmes, qui ont ce pouvoir de revendiquer haut et fort un féminisme de lutte. Il est donc toujours d’actualité.

Un événement scandaleux au Mans : dans le cadre d’une officine, « Les discussions du Maine », le RN rassemblement national ex FN, par la voix du conseiller municipal du Mans, entre autres, Louis Valmenier a lancé une invitation à discuter du féminisme, salle du Royal, sous l’intitulé : « Féminisme où va-t-on ? »

Les quatre intervenants prévus se signalent par des positions totalement opposées aux valeurs du féminisme. Exemple : Bérénice Levet : Libérons-nous du féminisme ! Le ton est donné ! La réprobation, l’indignation font l’unanimité chez les citoyen.n.e.s qui n’ont de cesse de défendre la cause des femmes. Les militant.e.s communistes dénoncent vigoureusement et le contenu et les objectifs de cette conférence qui défend des objectifs rétrogrades et provocateurs.

 Des inégalités qui perdurent et sont cependant mieux connues !

En 2018 selon la Fédération nationale Solidarité des Femmes il a été constaté un accroissement de 22% de violences faites aux femmes, pour les agressions sexuelles, c’est + 23,1% (par rapport à 2017) ! Une femme sur sept a déjà été agressée sexuellement. (enquête I.N.E.D.)

Une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex, tous les 3 jours !

Voilà qui est sans appel pour prendre en compte cette intolérable situation. Ces violences s’exercent dans un contexte général d’inégalité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail.

Précisons que 4,7 Millions de femmes en France sont sous le seuil de pauvreté !

Ce qui n’empêche pas de constater que dans notre pays le nombre d’hommes sous le seuil de pauvreté est en hausse constante, nous ne nous trompons pas de luttes.

Selon l’Observatoire des Inégalités, pour l’ensemble des actifs, les revenus des hommes sont supérieurs de 34,3 % à ceux des femmes c’est d’autant plus inacceptable que les femmes sont plus diplômées que les hommes 27,1% de femmes ont bac + 3, contre 21,6 %.

Une femme sur 4 travaille à temps partiel. Sans compter les 42 % d’écart dans les droits à la retraite.

Les maladies professionnelles frappent les salariés les plus précaires, là encore les femmes paient le prix fort en particulier pour les TMC (troubles musculo-squelettiques) 86% des malades sont des femmes.

Ces chiffres sont très inquiétants et montrent bien que le Secrétariat d’Etat de Madame Schiappa est très en dessous de légitimes exigences ; certes sur le plan du harcèlement de rue et des insultes, les premières verbalisations vont tomber ; réponse utile mais marginale dans ce contexte de hausse générale de la violence faite aux femmes, en France.

Comment s’étonner de cette aggravation, quand par exemple, la visibilité des femmes dans les médias est aussi scandaleusement réduite : elles font 4 fois moins la Une des journaux que les hommes !

La lutte des femmes, c’est sans trêve ni relâche, quand les voyants sont au rouge, c’est qu’il est grand temps que de vraies réponses sociales, politiques touchent aux véritables raisons qui fondent et renforcent ces inégalités criantes ; mais le féminisme n’a pas dit son dernier mot : les mouvements comme metoo ont libéré la parole ; c’est très encourageant. S’agissant des inégalités au travail, là encore, la politique dévastatrice de Macron est en marche, elle peut et doit être combattue.

Pour les communistes, le féminisme est une éminente question de congrès, une question en prise directe avec les réalités de terrain, de la vie quotidienne nourrie de la conviction qu’il est possible d’obtenir de grandes victoires. Nous devons vigoureusement riposter quand la dignité des femmes, la légitimité de leurs combats sont ainsi scandaleusement et publiquement remises en cause.

Huguette Hérin – Section du Mans, 22 septembre 2018.

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