Rentrée 2014 : le changement dans la continuité

Nous allions voir ce que nous allions voir ! Le changement, pour ne pas dire la rupture, c’était pour maintenant. A commencer par des secteurs définis comme prioritaires tels que celui de l’éducation qui, sous l’ère Sarkozy, avait été marqué par une saignée de 80 000 postes. Mais promis, juré, ces temps sombres étaient révolus. Finie, la suppression des RASED pour récupérer des moyens et tenter de combler quelques vides laissés par l’hémorragie en personnel. Finie, l’utilisation dévoyée de la brigade de remplacement pour occuper dés septembre des postes vacants. Une nouvelle ère radieuse allait s’ouvrir et, d’ailleurs, la création de 60 000 nouveaux postes ne le garantissait-il pas ? Si tant est que ce renouveau annoncé ait réellement vu le jour, il ne semble malheureusement pas avoir franchi les portes du département.

Dans les écoles primaires (écoles maternelles et élémentaires), la Sarthe ne disposera à la rentrée 2014 que d’un seul poste supplémentaire, ce qui est loin de compenser les 39 perdus depuis 2011 ! (Et ce pour une baisse supposée de seulement 27 élèves : 50 437 en septembre 2011 contre 50 410 en prévision pour la rentrée prochaine).

En outre, si l’Inspection académique veut tenter de réaliser les objectifs ministériels (relance de la scolarisation des moins de 3 ans, mise en place du dispositif « un maître de plus que de classes par école», reconstruction des RASED) et, dans le même temps, reconstituer le volant de remplaçants, elle ne saurait envisager d’autre solution, compte tenu de la hausse quasi nulle de la dotation, que de « récupérer » des postes en fermant un nombre important de classes. Et de fait, entre les ouvertures et les fermetures, on constate une perte de 21 classes dans le département.

Cela se traduira par une détérioration du taux d’encadrement, par des effectifs par classe plus lourds et par une dégradation des conditions d’enseignement. Tout cela, sans qu’il n’y ait pour autant de garantie quant à la réalisation des dispositifs ministériels décrits plus haut. C’est malheureusement la preuve que les moyens ne sont pas à la mesure de l’ambition affichée !

Ce triste constat réalisé à l’échelle départementale se décline au niveau de la ville du Mans où l’on enregistre 7 fermetures (école maternelle Lucie Aubrac, école maternelle Julien Pesche, école élémentaire Gazonfier, école élémentaire Louis Blériot, école élémentaire Jules Ferry, école élémentaire Jean Mermoz, école élémentaire Gazonfier) pour seulement 5 ouvertures (écoles Rimbaud,Wallon, Jean Macé, Courboulay, Guy Moquet) soit un différentiel négatif de 2. Fait aggravant : la plupart des fermetures ont lieu dans des quartiers défavorisés, c’est-à-dire là où l’école est peut-être encore plus nécessaire qu’ailleurs.

La résistance à cette continuation de la dégradation du service public d’éducation s’organise, en particulier à l’école Julien Pesche où les parents sont fortement mobilisés pour s’opposer à la fermeture d’une classe. Mais pas seulement. Le 22 avril dernier un cortège d’au moins 600 personnes a sillonné les rue du Mans, à l’appel de l’intersyndicale enseignante, et avec le soutien de la FCPE pour réclamer un collectif budgétaire débouchant sur une dotation supplémentaire en postes permettant de pourvoir aux besoins dans les classes ordinaires, de reconstruire réellement les RASED et de reconstituer une brigade de remplacement, sans que cela se fasse au détriment des autres besoins. Personne ne souhaite en effet revivre la situation de cette année, où l’on n’ose même plus lister le nombre de journées de classes perdues.

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