MMArena : cet échec n’est pas le notre, ne les laissons pas nous le faire payer

De par son montage financier le MMArena est assimilable à un Partenariat Public- Privé. Il fait la part belle au secteur privé dans l’accès aux profits mais rejette au maximum les risques et les pertes sur le public et sur les contribuables. C’est cette logique qui a été à l’œuvre lors du conseil municipal du 24 avril dernier et qui a abouti à l’octroi d’une subvention supplémentaire d’un million par an pendant cinq ans au groupe VINCI. Cette décision est choquante, surtout quand on met dans la balance d’un côté les énormes bénéfices de cette entreprise et de l’autre côté les besoins de la population durement frappée par les politiques d’austérité et de crise. D’une manière ou d’une autre, cette nouvelle charge sur le budget municipal aura des répercussions sur les habitants : soit par une augmentation des impôts soit par une dégradation des services rendus. C’est pourquoi, comme cela a été demandé par la liste du Front de Gauche, le Comité exécutif de la section du Mans du PCF exige la dénonciation de l’actuelle convention.


La ville du Mans peut s’enorgueillir d’abriter certainement le terrain… de chasse aux œufs de  Pâques le plus grand, le plus magnifique et le plus cher du monde. Cela pourrait prêter à  sourire si les conséquences financières et sociales d’un tel naufrage ne risquaient d’être aussi dramatiques pour la population mancelle.
Ce (trop) grand stade a été réalisé sur la base d’un montage financier que l’on peut assimiler à un partenariat public-privé (PPP) dans lequel le « partenaire » privé de la ville du Mans, le géant du BTP Vinci, se taille la part du lion en ce qui concerne les profits mais rejette les  risques et les pertes sur la collectivité locale. Autrement dit sur les contribuables. C’est la norme en matière de PPP et, plus généralement, c’est la règle d’or du capitalisme : « privatiser les gains et socialiser les pertes ! » On ne dira jamais assez la toxicité des PPP quelque soit les domaines où ils s’appliquent : stades, complexes culturels, collèges…
Et l’exemple confirme la règle. Les recettes n ‘étant pas au rendez-vous (et pour cause : il n’y a plus de club résidant ramenant billetterie et surtout droits télé) et n’étant pas prêtes d’être au rendez-vous (en dehors de la chasse aux œufs, aucun événement majeur, type grand concert payant , ne se profile à l’horizon), Vinci, alias « Le Mans Stadium, présente la facture à son « partenaire » public. C’est pourquoi, le 24 avril dernier, la majorité PS – EELV du conseil municipal du Mans a unanimement pris la décision de verser la coquette somme d’1 M€ par an jusqu’en 2018 à cette modeste entreprise qui n’avait réalisé que 39 milliards d’€ de chiffre d’affaires en 2012. C’est clair, ce million supplémentaire était crucial pour la survie de cette « PME » aux abois !

Mais ce n’est pas tout ! Car ce million annuel vient s’ajouter aux 450 000 € déjà votés au titre de l’aléa sportif (on se demande bien pourquoi puisque de l’aléa, il ne peut plus y en avoir : il n’y a plus de club!) et aux 600 000 € versés au titre du dernier loyer non réglé par Le Mans FC … sans oublier la contribution forfaitaire annuelle de 1,3 M€ versée par la ville du Mans pour permettre à VINCI de … rembourser l’emprunt qu’il avait contracté pour construire le stade. Et ça, ce n’est pas nouveau ! C’était prévu dès le départ. Mais à quoi a servi le partenaire privé dans ce montage ?
Certainement pas à soulager le contribuable manceau comme s’en vante JC Boulard ! Ce  serait même plutôt l’inverse ! Reprenons le calcul : 1 M€ + 450 000 € + 600 000 € + 1,3 M€ = 3,3 M€ pour la seule année 2014 ! Quel cadeau magnifique fait au très grand capital !
Mais ces largesses décidées par M. Boulard et sa majorité sur notre dos ne seront pas sans conséquences. Le Maire fanfaronne en disant que cette dotation supplémentaire ne remettra pas en cause la limitation de la hausse de l’impôt local à 1 %. A voir ! Mais en tout état de cause cela sera au prix d’économies immédiates sur le budget 2013 – 2014. Ce sont des investissement de proximité qui vont être retardés voire annulés, des emplois non remplacés, des crédits de fonctionnement amputés… Cela signifie des conditions de travail (pour les agents) et une qualité des services publics à la population qui vont se dégrader. A l’heure où les actions pour l’emploi, pour les solidarités sont si nécessaires, on se dit qu’on aurait pu employer ces 3,3 millions à autre chose qu’à alimenter les caisses déjà pleines à ras bord d’une multinationale. D’ores et déjà une chose est sure : la facture du MMArena frappera d’abord les plus pauvres. Pour le mesurer pleinement, nous exigeons un débat public et complet avec la population au cours duquel le maire devra communiquer précisément les
coupes qu’il entend effectuer dans les dépenses de fonctionnement.

Avec des élus communistes issus de la liste Front de gauche « Le Mans Renouveau Citoyen », non seulement cette exigence aurait été posée au conseil municipal mais, bien évidemment, ce nouvel avenant au contrat avec VINCI n’aurait pas reçu leur accord. Au regard de tout cela le soutien et la défense de la position du maire et de VINCI par les 7 élus dits de « sensibilité communiste » en dit long sur le contrat d’allégeance qu’ils ont signé avec le maire, allégeance que les électeurs qui se sont rassemblés avec le Front de Gauche ont clairement rejeté !
Aujourd’hui, il nous faut porter haut et fort et exiger la dénonciation de l’actuelle concession. Car ne pas le faire maintenant, c’est risquer de le payer encore plus cher dans 5 ans.

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